ACTE V, SCÈNE IV
LA COMTESSE, l'arrêtant de la main.
Doucement.
LE CHEVALIER
Que veut dire ceci?
Nous nous sommes rendus en ce lieu solitaire Pour vider nos débats par un brave défi, Et ce n'est pas le temps d'arranger une affaire.
LA COMTESSE
Eh! oui, c'est un cartel qui nous conduit ici; Mais il est trop plaisant : pennettez que j'en rie.
LE CHEVALIER
Riez-en vite , et battons-nous.
LA COMTESSE
J ai bien joué des tours aux hommes dans ma vie, Mais sans être appelée à pareil rendez-vous.
LE CHEVALIER
c'est qu'ils étoient des lâches ou des fous.
LA COMTESSE
c'est de votre côté qu'est toute la folie. Savez-vous qui je suis?
LE CHEVALIER
Je ne veux rien savoir.
LA COMTESSE
Eh! si je vous disois...
LE CHEVALIER
Je ne veux rien entendre.
Sachez en homme vous défendre, Et ne trompez pas mon espoir.
LA COMTESSE, à part.
Avec les preuves qu'il demande
a86 LE JALOUX.
Et celles qu'il refuse, il est embarrassant.
LE CHEVALIER
Ûh ! c'est trop différer, quand l'honneur vous commande.
LA COMTESSE, à part.
si l'on venoit à moi dans ce moment pressant...
LE CHEVALIER
Et, si vous hésitez encore un seul instant. Je vous prendrai, monsieur, sans plus de politesse. Pour une femme...
LA COMTESSE
Eh bien ! nous y voici.
LE CHEVALIER, n'ayant pa S écoiité.
Et je raconterai par-tout votre foiblesse.
LA COMTESSE
Vous n'en convaincrez pas, en ra'attaquant ainsi.
{à part.) Bon! j'entrevois Valsain. Çà, reprenons courage...