SCENE VIII. 1-j
M. LISRAN.
Moi non plus ; mais je cftuse.
Mm»-' LiSBA -N , à pnrt.
Je vais lui découvrir...
M. LISE AN
Tiens, parlons d'une chose.
Tu ne rougis donc pas d'adorer ton époux? Mais rien n'est plus bourgeois. Sais-tu bien, entre nous, Qu'on en rit dans le monde, et qu'on dit sans mystère : Il faut absolument qu'ensemble on les enterre. Ou que loin de madame on exile monsieur, Pour pouvoir la former, humaniser son cœur, Et la mettre au courant... Que c'est une misère Que tes opinions , ta gloire une chimère... Que tu n'es bonne à rien dans la société Depuis notre union ; que ta folle fierté. Ton amour suranné, tes tons de bienséance, Désolent tout le monde et demandent vengeance.
IMine LISE A -N.
L'hymen m'unit à vous, et je ne pense pas Que l'on doive prétendre h mes foibles appas.
.\insi, Cléon, Durval, cette folle jeunesse. Qui compose ta cour, t'obsède, et me caresse : Chacun doit trouver bon que ton cœur attendri. Malgré les mœ'urs du temps, lui préfère un mari; Que tout soit, en un mot , pour le pauvre bon homme : l'our quel époux encore?... Un époux qui t'assomme, Un sot, un ennuyeux, un bavartl, un oison.
2ï^ HEUREUSEMKNT.
N'est-ce jias , mou enfant? Quelle comparaison Avec tous ces messieurs!
Mine LIS BAN.
Je n'en dois faire aucune.
M. LISE AN
Je les plains, s'ils n'ont pas de meilleure fortune. Ils en savent bien long tous ces beaux messieurs-là. T'ont-ils bien ennuyée?... Ah! conte-moi cela. Q.!el est le plus adroit, Cléon, Durval, Forlise? Je crois que ce dernier pare la marchandise; Qu'il sait la débiter : il te chassoit de près; Il doit être piqué d'avoir perdu ses frais. Forlise a de l'esiirit, sa figure a des charmes. Eii! que sais-je, peut-être a-t-il le don des larmes? K'en a-t-il pas versé pour toucher ta vertu? Et le petit Lindor, comment le traites-tu? Comment s'en tire-t-il? I.ui vient-il de l'audace? Tu rougis... Quelle enfance !
Mine LISBAN.
Épargnez-moi, de grâce, De semblables discours.
IM. LISBAN.
Uh! tiens, je n'aime pas Ces superbes vertus qui font tant de fracas.
Mine LISBAN.
Nous y comptez pourtant.
M. LISKAN
oh ! point... je te dévoile Que je ne compte ici que sur ma bonne étoile. Titins, mon cœur : j'ai connu bon nombre de beautés;