SCENE III
LE PHILOSOPHE, « part.
Je ne ni'attendois pas à ce dernier trait ; les voilà debout devant monsieur Duniont.
ALLÉGRO
Eh bien! monsieur Dumont, (jue nous direzvousdel)on? Verrons-nous aujourd'hui monsieur le marquis?
Un moment tout au plus ; car il a de grandes affaires.
ALLÉGRO
Il est occupé sans doute du projet d'un petit opéra que nous avons concerté ensemble, et dont je viens lui montrer l'exécution.
DUMONT
Il n'y pense plus aujourd'hui.
nu COLORIS.
Je me suis aperçu qu'il avoit retouché notre tableau, et il m'attend sans doute.
ni' M ON T.
Non ; il ne vous attend ni l'un ni l'atUre. H attend monsieur Doi-ilas pour mettre la dernière main à une trajjédie qu'il a composée ce matin. Je ne m'y connois ])as; mais, en vérité, c est la plus belle chose du monde... Mais quel est cet original, cette espèce d'ours qui se tient tapi
dans un coin, nous observe, et paroît se moquer de nous? Se croiroit-il déshonore de me faire une révérence? (aup/ij/osop/ie.) Monsieur, peuton savoir?...
LE PHILOSOPHE, à DumOUt.
Pourquoi je n'ai pas volé au-devant de vous, comme ces messieurs?... Vous en méritez bien la peine, mon ami, car vous êtes bon à voir : mais, tenez, je vois aussi bien de loin que de près.
DU MO NT, h part.
Cet liomme-là se moque de moi.
LE PHILOSOPHE
Non ;je vous admire : vous jouez le rôle de votre maître si parfaitement, si parfaitement, que ces messieurs prennent le change. Oh! il faut avoir de véritables talents pour jouer ainsi la comédie.
DU MONT, h part.
Il me feroit perdre mon crédit, il faut l'expédier. ( haut. ) Votre nom , monsieur, pour que je vous annonce.
LE PHILOSOPHE
Non, mon ami : je ne veux pas voir votre maître ; je doute qu'il puisse valoir mieux que vous. Je suis resté par curiosité; elle est satisfaite. Adieu.
I,A MANIK DES ARTS. 4?