I.A COMTESSE
Il a quelque raison.
FORLISE.
Et puis avez-vous des heures à me donner?
LA COMTESSE
Des moments, passe. M'en voilà dégoûtée. (^Elle vole au bureau de Forlise.) Avez-vous là quelque chose de nouveau?
FonnSE, n la comtesse , qui ravage tout sur le bureau.
Ah! comtesse, prenez garde.
LA COMTESSE
Je ne touche à rien; je n'en veux qu'à cette musique.
FORLISE.
C'est un petit opéra.
LA COMTESSE
Vous avez fait un opéra, monsieur le marquis? Voyons, voyons. Comment! mais cela me paroît très agréahle ; voilà une ariette tout-à-fait de mon goût.
SCKNK IX 63
FOR USE
Si VOUS vouliez nous la chanter?...
M'accompagnerez-vous ^
FORLISE.
Volontiers, comtesse. C'est une bergère à qui le réveil vient d'effacer l'image de son amant. ( Il essaie déjouer du violon.) Je ne suis pas en train, je ne sais ce que j'ai dans les doigts... Dumont?
nCMONT. '
Monsieur?
FORLISE.
Mes musiciens sont-ils là?
DUMOKT.
Les voilà : il y a luie heure qu'ils attendent pour répéter votre opéra.
FOltUSE.
Qu'ils jouent, acte premier, scène troisième, après l'air de basse-taille. Allons, messieurs.
Li COMTESSE chante.
Sommeil , pourquoi me fuyez- vous?
Je ne retrouve plus Silvandre ; Silvandre étoit à mes genoux , Je ne retrouve plus .Silvandre.
Silvandre étoit à mes genoux, Il me. pressoit de me rendre,
Il me fixoit d'un air si doux, Il me parloit d'uu ton si tendre.
Sommeil, etc.
{Dumont, qui nest pas fort content Je la musiejue de son maître , sort avec humeur.^