‹ Chefs-d'œuvre dramatiques (volume 2)Chapitre 131 sur 233 · ACTE V, SCENE VII. 2o · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VII. 2o

Vous allez voir beau jeu.

D A M o N , à Céliante.

Garder- vous de l'aigrir.

CÉLIANTE.

Mon Dieu! laissez-moi faire.

Je m'en vais , en deux mots, accommoder l'affaire.

DAMON

Ou plutôt la gâter.

GÉnoNTE, à Céliante.

Ah ! ma belle, est-ce vous Dont mon sot de neveu prétend être l'époux?

CÉLIANTE.

Et quand cela seroit, qu'y trouvez-vous à dire?

FINETTE, à part.

L'entretien sera vif , et je m'apprête à rire.

Mais je n'y trouve, moi , qu'une difficulté : Le mariage est nul, de toute nullité.

CÉLIANTE.

Je soutiens qu'il est bon , et bon par excellence , Et qu'il n'y manque pas la moindre circonstance,

FINETTE

On n'a rien oublié.

Que mon consentement, Et celui de mon frère.

CÉLI A NTE.

On s'en passe aisément,

2o4 LE PHILOSOPHE MARIÉ.

Comme vous le voyez.

G É R G N T E , à Lisimon .

Tubleu , quelle commère !

CÉLIANTE, « Lisimon.- Apparemment, monsieur, vous êtes le beau-père?

LISIMON.

Je suis père d'Ariste.

CÉLIANTE.

Ayez la fermeté De VOUS servir ici de votre autorité.

Si j'en crois votre fils , vous êtes homme sage , Qui, loin de chicaner sur un bon mariage, Signerez au contrat sans vous faire prier.

(rt Gérante.) Pour vous, il VOUS sied bien, mon petit financier, Fier d'un bien mal acquis, de blâmer l'alliance D'une fille d'honneur, et d'illustre naissance! Oh bien ! tenez de moi pour un fait assuré Que vous vous en devez croire fort honoré; Que c'est risquer beaucoup qu'insulter ma famille. Et qu'on vaut mieux cent fois que votre belle-fille-

GÉnoNTE, à Lisimon.

C'est donc là cet esprit sage, modeste, doux, Oui devoit tout d'abord désarmer mon courroux?

Mon fils me l'avoitdit : mais quelle est ma surprise? Je crois que notre sage âfait une sottise.

GÉRONTE

Et vous me retiendrez encore après cela?

Page 1