‹ Chefs-d'œuvre dramatiques (volume 2)Chapitre 145 sur 233 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

PASQUIN

Ah ! te voilà , Lafleur ? Que fait monsieur le comte?

LAFLEOK.

Il joue; et, qui plus est, il y fait bien son compte ; Car il va mettre à sec un franc provincial, .\u moins aussi nigaud qu'il me paroît brutal.

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LAFLEUR

Foi de garçon rrhonueur, je dis la vérité.

PASQUIN

Notre maître à ses gens fait garder le silence ; Mais ils sentent l'effet de sa inagtiilîcence : Bien nourris, bien vêtus, et payés largement.

LAFLEUR

Et tout cela pour moi n'est point contentement.

LISETTE

Enfin, il faut qu'il parle; et c'est là sa folie.

LAFLEUR

Autrement je succombe à la mélancolie.

J'eus un maître autrefois que je regrette fort,

Et que je ne sers plus, attendu qu'il est mort.

Il ne me faisoit pas de fort gros avantages;

Il me nourrissoit mal, me payoit mal mes gages;

Jamais aucuns profits, et souvent en biver

Il me laissoit aller presque aussi nu qu'un \ er :

Mais je l'aimois. Pourquoi? C'est qu'il me faisoit rire,

Et que de mon côté je pouvois tout lui dire.

Il m'appeloit son clier, son ami , son mignon ;

Et nous vivions tous deux de pair à compagnon.

Mais pour monsieur le comte, au diantre si je l'aime.

Il est toujours gourmé, renfermé dans lui-même;

Toujours portant au vent, fier comme un Écossois.

Je ne puis le souffrir, à vous parler françois:

Et, ilîit-il m'enrichir, que le diable m'emporte

Si je voulois servir un maître de la sorte.

PAsy^JI^.

l'atiencc ; à ta face on s'accoutumera,

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