LISETTE, PASQUIN
PASQUIN
J'ai pitié, comme vous, de ce pauvre Lafieur.
LISETTE
Le comte de Tufière est donc un fier seigneur':"
PASQUIN
C'est là mon second point.
Fort bien.
.Sa fK)lili(Hie
Est d'être toujours }>rave avec un domestique.
S'il lui disoit un mot, il croiroit s'abaisser;
Et qu'un valet lui parle, il se fera chasser.
Enfin, pour ébaucher en deu\ mots sa peinture,
C'est l'homme le plus vain qu'ait produit la nature.
Pour ses inférieurs plein d'un mépris choquant.
Avec ses égaux même il prend l'air important :
Si fier de ses aïeux, si fier de sa noblesse,
Qu'il croit être ici-bas le seul de son espèce;
Persuadé d'ailleurs de son habileté.
Et décidant sur tout avec autorité ;
Se croyant en tout genre un mérite suprême;
Dédaignant tout le monde, et s'admirant lui-même;
En un mot, des mortels le plus impérieux.
Et le plus suffisant, et le plus glorieux.
LISETTE
Ah! que nous allons rire!
Et de quoi donc?
LISETTE
Son faste , Sa fierté, ses hauteurs, sont un parfait contraste Avec les qualités de son humble rival.
Qui n'oseroit parler, de peur de parler mal, Qui par timidité rougit comme une fille , ¥.t qui , (juoif(ue fort riche, et de noble famille, Toujours rampant, craintif, et toujours concerté, Prodigue les excès de sa civilité.
Pour les moindres valets rempli de déférences. Et lin parlant jamais que par ses révérences.