‹ Chefs-d'œuvre dramatiques (volume 2)Chapitre 171 sur 233 · PHI I,I^TE · texte numérisé non relu

PHI I,I^TE

On en parle assez mal.

LISETT E, « part.

Cet homme est laconique.

ISABELLE, à Philinte.

Qu'y désapprouvez-vous? Les vers, ou la musique?

PHI HXTE.

Je sais peu de musique, et fais de méchants vers: Ainsi j'en pourrois bien juger tout de travers. Et d'ailleurs j'avouerai qu'au plus mauvais ouvrage, Bien souvent, malgré moi , je donne mon suffrage. Un auteur, quel qu'il soit, me paroît mériter Qu'aux efforts qu'il a faits on daigne se prêter.

LISETTE

Mais on dit^^iùiux auteurs la critique est utile.

La critique est aisée, et l'art est difficile. C'est là ce qui produit ce peuple de censeurs. Et ce qui rétrécit les talents des auteurs.

( à Isabelle. ) Mais vous êtes distraite, et paroissez en peine.

I s -\ BELLE.

Je n'en puis plus.

PHILINTE

Bon Dieu! qu'avez- vous?

ISABELLE

La migraine.

PHiLl.NTE, s'en allditt avec précipitatio». Je m'enfuis.

ISABELLE, /(' retenant.

Non, restez.

PHILINTE

Quel e.\cès de faveur!

ISABELLE

C'est moi qui vais m'enfuir. Je crains (jue ma douleur Ne vous afflige trop. Je souffre le martyre.

PHILINTE

J'en suis au désespoir. Je veu-X vous reconduire.

{ // met ses gants avec précipitation. ) Madame, vous plaît-il de me donner la main?

ISABELLE

Je n'en ai pas la force. Adieu, jusqu'à demain.

PHILINTE

A quelle heure, madame?

Ah! monsieur, à toute heure:

Mais ne me suivez point, de grâce.

p H I L I N T E , « Lisette.

Je demeure Pour vous dire deux mots.

LISETTE

Monsieur... en vérité J'ai la migraine aussi. Vous aurez la bonté De ne pas prendre garde à mon impolitesse, Et mon devoir m'appelle auprès de ma maîtresse.

( Philinlc lui donne la main, et la reconduit. )

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