SCÈNE XIV. V
VAL ÈRE
Il VOUS sied bien , madame , de me faire des reproches , après avoir fait tout ce qu'il falloit pour me brouiller avec mon père ! Si mon absence vous avoit causé de l'inquiétude, il falloit vous expliquer avec moi; je vous aurois éclaircie de tout: mais , après le tour cpe vous venez de me faire, je vous déclare que vous ne saurez rien. LA COMTESSE, /eme?îaça?if.
Je ne saurai rien ? Tu t'expliqueras, ou je t'étranglerai.
PASQL' is.
Laissez-le là , madame. C'est un petit opiniâtre qui ne parlera point, je vous en réponds. Je vais vous dire naïvement ses pensées , moi.
LA COMTESSE
Eh bien ! parle : je te récompenserai de ta sincérité.
PASQUliS'.
Vous avez beaucoup de tendresse pour lui?
LA COMTESSE
Cela ne peut pas s'imaginer. J'en perds l'esprit, mon pauvre Pasquin.
Cela est visible... Vous voudriez qu'il y répondit par une tendresse égale à la vôtre ?
LA COMTESSE
N'ai-je pas lieu d'y prétendre ?
Il y a du pour et du contre dans cette affaire-là. Il connoît vos sentiments pour lui; il en est pénétré de reconnoissance : avec cela, madame, je gage cent louis contre vous qu'il ne pourra jamais vous aimer.
LA COMTESSE
Il ne pourra jamais m'aimer, monsieur le coquin ! Je ne sais qui me tient que je ne t'arrache les yeux.
PASQUlN.
Doucement, s'il vous plaît. Ce n'est pas moi qui suis insensible à vos charmes. Au contraire, je les trouve tout-à-fait piquants, quoiqu'ils ne soient pas de la dernière édition.
LA COMTESSE
Il ne pourra jamais m'aimer!... (à Valère.) Me dit-il vrai, perfide ?
VALÈRE, avec embarras.
Madame... en vérité... je suis dans la confusion; et si mon cœur étoit... (« Pasquin.) Pasquin , explique tout cela à madame la comtesse. LA c o M T F. s s E , n Pasquiii .
Il ne pourra jamais m'aimer?
s ci; NE XIV. 57
PASQUIN.-
Non, madame... Mais c'est votre faute, et ce n'est pas la sienne.