SCENE XIV. S(f
PASQUIN
C'est à monsieur son père, qui le laisse manquer de tout. Vous vous êtes offerte à le secourir dans ses besoins : l'occasion etoit pressante ; il s'est vu contraint à profiter de votre générosité. Pour récompense vous avez voulu des marques d'amour : le pauvre {jarçon a fait auprès de vous une dépense incroyable en soupirs et protestations. Vous traitez cela de bagatelle, et il n'a point d'autre monnoie à vous donner.
h\ COMTESSE, rt Falère.
Vous ne dites mot à tout cela, monsieur ?
VALÈRE
Ma foi, madame, qui ne dit mot consent.
p A s Q u I N , <i /a comtesse.
Voulez-vous que je vous donne un moyen de vous venger de lui ?
LA COMTESSE
Tu me feras plaisir, car je suis outrée.
l'ASQUlX.
Et moi qui vous parle , je suis en fureur contre lui... (à demi-voix.) Éloignons-nous un peu.
VALÈRE, à part.
Que diable va-t-il lui dire ?
{ Pasquin fait passer la comtesse avec lui du côté opposé à celui où est Valère. )
6o LE TRIPLE MARIAGE.
PASQUiN,rt demi-voix , n la comtesse.
Ce n'est pas tout-à-fait la qualité que vous <;herchez dans un mari ?
LA COMTESSE
Je ne veux qu'un mari qui m'aime et qui m'adore.
PASQriN.
Eh bien ! je suis votre homme. Je vous épouserai , si vous voulez.
LA COMTESSE., le repoussant.
Retire-toi, malheureux !
l'A SQ LIN.
Je vous vengerai mieux qu'un autre.
LA COMTESSE
Retire-toi, te dis-je; je sais un moyen plus .sûr pour punir cet infidèle.
PASQUIN
C'est de quoi je doute bien fort.
VALÈRE, à la comtesse.
Eh! qu'ai-je lieu d'appréhender?
LA COMTESSE. '
Tout. Je vais t'épouser malgré toi.
M'épouser?... Ah, madame! serez-vous assex rruelle pour cela?
LA COMTESSE
Oui, perlide ! je viens de te deinantlfr à Ion