DA.MOX
Que lui reprochez-vous? Parlez de bonne foi.
ARISTE
Son indiscrétion, qui me tient en cervelle. Et me cause à toute heure une frayeur mortelle. Il semble que ce soit son plaisir favori De laisser entrevoir que je suis son mari. Chaque jour elle fait nouvelle connoissance. Et chaque jour aussi nouvelle confidence, A des femmes sur-tout. Jugez si mon secret Yest pas eu bonnes mains.
DAMOX.
Je prévois à regret Que votre intention ne sera pas suivie : Mais, au fond , pensez-vous que toute votre vie
88 LE PHlLOSOPHi: MAKIÉ.
Vous serez marié sans qu'on en sache rien?
ARISTE
l'iùtauciel!
DAM ON
Et pourquoi ?
An ISTE.
c'est qu'un secret lien^ Formé depuis deux ans à l'insu de mon père. M'expose tôt ou tard à sa juste colère.
Deu.\ mots l'apaiseront. Son amitié pour vous...
AHISTE.
Mais je crains sa douleur Lien plus que son courroux. Vous savez, à quel point je l'aime et le respecte : Ma tendresse pour lui lui deviendra suspecte, S'il est instruit enfin d'un hymen contracté Sans son conseiiteinent , sans lavoir consulté. Ce n'est pas seulement cette délicatesse Qui m'oblijje au secret. Entre nous, ma foiblesse Est de roujjir d'un titre et vénérable et doux, D'un titre autorise, du beau titre d'é])0ux, Qui me faittr ssaillir lorsque je l'ailicule, Et que les mœurs du temps ont rendu ridicule. j Ce motif, je le sens, n'est pas des plus sensés; Mais...
D A MON
C'est avec raison que vous vous dispensez A tout autre (ju'à moi d'en faire confidence; El ce seroit à vous une jjrande imprudence, Si vous n'apjiuyiez pas sur un autre motif