ACTE II, SCENE VI. 12g
ARISTE
Et VOUS , modérez votre feu :
Je vous l'ai dit cent fois, votre bile s'échauffe...
GÉROJÎTE.
Vous êtes un fripon , monsieur le philosophe , Vous voulez éluder un éclaircissement :
Mais il faut me répondre, et positivement.
ARISTE
Oui, je vous répondrai, la chose m'est facile :
Mais je voudrois vous voir d'une humeur plus tranquille
Veutrebleu 1
ARISTE
Doucement, ou je ne dirai mot.
Il faut...
GÉRONTE
Prétendez-vous me traiter comme uî sot?
ARISTE
Non. Vous avez, mon oncle, un esprit vif et juste; Vous jouissez encor d'une sauté robuste; Vous avez de gros biens.
GÉRONTE
Ah!
ARISTE
Vous êtes d'un sang Oui peut vous égaler aux gens du plus haut rang.
GÉRONTE
Répondez-moi.
De plus , vous avez l'avantage
i3o \.E PHILOSOPHE .MAIlll':.
De n'avoir point d'enfants, de goûter le vouvafjp.
géro.nte.
Au lait.
AUISTE.
Et de jouir de cette liberté Qui des {jens de bon sens fait la félicité.
OÉRONTE.
Bourreau!
ARISTE
Votre neveu vous respecte et vous aime ; Cependant, au milieu de ce bonheur extrême...
GÉRONTE
Ce traître de neveu, qui m'aime et me chérit , Par son maudit caquet me fait tourner l'esprit.
ARrSTE.
Mais...
GÉRONTE
Dis encore un mot, et je te déshérite.
A RISTE.
Je m'en vais, puisque enfin mon discours vous irrite.
GÉRONTE
Non: il faut m'éclaircir, et m'apprend re à l'instant Qui sont ces belles.
ARISTE
.Soit; je vous rendrai content.
Elles sont sœurs.
GÉRONTE
Ensuite?
ARISTE, ayant un peu rêvé.
Elles sont de Bretagne.