‹ Chefs-d'œuvre dramatiques (volume 2)Chapitre 87 sur 233 · ACTK III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTK III, SCÈNE II

ARISTE

Outragé, dites-vous? Quelle est votre peiiséf?

Ma réputation seroit-elle blessée,

Sije...

LE M AIIQUIS.

Votre sagesse a fait un tel éclat, Vous avez si souvent loué le célibat, Vous avez tant raillé, déploré la folie De tout homme d'esprit cjui pour jamais se lie. Vous avez en public si hautement fait vœu De vivre philosophe et garçon , que, poin- peu <j|u'il vous soupçonne enfin d'avoir fait le contraire, Avec tout ce public vous aurez une affaire: Filles, femmes, maris, toutes sortes de gens, A la ville, à la cour, vont rire à vos dépens.

ARISTE

( à part. ) Ils auroient bien raison. Je suis mort, s'il découvre Que je suis marié.

Vous voyez que je m'ouvre Librement avec vous.

ARISTE

Oui, je le vois fort bien.

LE MARQUIS

Mélite est votre amie, et rien de plus?

ARISTE

Non , rien.

LE MARQUIS

ir lai toujours bien dit; et je soutiens encore

i38 LE PHILOSOPHE MAUIL

Qu'on peut vous avouer qu'on l'aime, qu'on 1 ailore. ARISTE, d'un air einharrassc.

(à part.) Eh! mais... comme on voudra. Quel horrible tourment!

LE MARQUI.S.

Je vaià donc vous parler tout aaturellement. Je l'aime.

ARISTE

Vous riez?

LE MARQUIS

Je l'adore.

Quel conte!

LE MARQUIS

Je dis vrai.

ARISTE

Mais tant pis ; et pour vous j'en ai honte. Nous sommes, vous et moi , dans un cas tout pareil. Fuyez Mélite.

LE MARQUIS

Non; d'un si sage conseil, Cher ami . je ne puis désormais faire usage. J'aime jus(ju'à vouloir... brusquer le mariage.

ARISTE

On se rira de vous, et moi tout le premier.

LE MARQUIS

D'un grand bien, d'un grand nom, je suis seul héritier De choisir un parti ma famille me pres.se : Ces prétextes sauront excuser ma foiblesse. Et il'ailleurs je suis homme à rire effrontément

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