ACTE III, SCÈNE X. i
M. PINCÉ, buvant.
Je vous fais raison ; ( II remplit les verres ) et en réitérant, à votre santé, madame Catau.
Mme CATAU, buvant.
A la vôtre, monsieur Pincé. Voilà une liqueur excellente... Je vous prie de m'en acheter une petite provision, et de la faire passer sur l'article du café.
M. PINCÉ
Je vous le promets.
Mme CATAU.
Je ne voudrois pas que mon nom parut sur vos mémoires.
M. PINCÉ
Il n'y paroît pas souvent, quoiqu'il soit écrit dans le registre de mon cœur... (riant.") Ha, ha, ha , ha , ha !
Mn»e catau, riant aussi.
Ha, ha, ha , ha ! Vos plaisanteries ont j e ne sais quoi de si doux, de si gracieux!...
m. p incé, l'interrompant.
A propos de registre , je viens de parcourir tous les miens, et je trouve que vous me devez quelque chose.
Mme catau, d'un air sérieux.
v Moi? eh! qu'est-ce que je vous dois?
i64 LE TAMBOUR NOCTURNE.
M. PINCÉ
Vous me devez votre cœur , en échange du mien que je vous ai donné... (riant.) Hé, hé, hé, hé ! C'est une ancienne dette ; quand voulez-vous l'acquitter ?
Mme GATAIT.
En vérité , vous êtes le plus galant créancier que je connoisse.
M. PINCÉ
Trêve de compliments. Je ne me paye point de paroles, madame Catau ; il faut me payer en espèces.
Mme catau, faisant des m inauderies.
Fi donc! monsieur Pincé ; vous me faites rougir... (remplissant encore les verres et buvant.) A vos inclinations.
m. pincé, buvant.
De tout mon cœur. C'est toujours à votre santé, madame Catau... Combien y a-t-il, madame Catau, que mon cœur a échoué contre l'écueil de vos grâces? Attendez... Je pense que ce fut le sixième de janvier mil sept cent quarante -neuf. Il y a seize ans que nous nous connoissons; par conséquent il y a seize ans que je vous aime, si*"* catau.
Dites plutôt, monsieur Pincé, qu'il y a seize ans que vous vous moquez de moi. Vous êtes si