ACTE 111, SCÈNE X. iG
dame Catau, le dé que je vous donne n'est que lé précurseur de la bague nuptiale que je vous destine. Je pense que le dé et la bague figureront ensemble à merveille. Ils formeront un double emblème. Le dé vous fera souvenir qu'il faut que vous soyez une bonne ménagère ; et la bague, qu'il faut que vous soyez une bonne femme... (riant.) Ha , ha , ha , ha !
Mme CATAU.
Oui, oui, riez, moquez-vous de moi.
M. PINCÉ
Sur ma foi, je vous parle sérieusement.
Mme CATAU.
Sérieusement?... Eh! je- croyais que vous m'aviez oubliée.
m. pincé.
Moi ! j'oublierois plutôt la table de multiplication.
Mme CATAU.
Je puis me vanter que j'ai toujours pris votre parti devant madame.
Je le sais , et cela est écrit aussi dans mes registres.
Mme catau, d'un air ingénu et embarrassé.
Car j'ai toujours considéré vos intérêts.
comme les miens propres.
M. PIKCÉ.
Il n'y a que vos rigueurs qui puissent empêcher... qu'ils ne deviennent communs.
Mffle c A t a u , a part.
Gela est fort! Battons le fer pendant qu'il
est chaud... ( à M. Pincé. ) En vérité, monsieur Pincé, il n'y a pas moyen de vous être cruelle. Vous avez un style persuasif, des manières insinuantes, un ton enchanteur!... Pour moi, je n'ai pas la force d'y tenir.
m. pincé, se levant avec transport.
Hein?... comment dites-vous cela? Répétez, je vous en conjure.
Mme CATAU.
Je vois bien que j'en ai trop dit ; mais je ne m'en repens pas, puisque je vous aime.
m . p i n c É , se rasseyant.
Ah! je suis enchanté !
Mme CATAU.
Non , je ne puis plus vous cacher lapassion que j'ai pour vous.
Je suis ravi, transporté, extasié! Vous êtes la samme totale de mon bonheur... J'en perdrai l'esprit. (Il se lève.) Le respect ne peut plus me retenir, il faut que je boive une rasade à votre santé... (// s'assied et remplit les verres.) Mais que