ACTE IV, SCÈNE V. iVJ
écoutes, et j'ai entendu certains mots qui m'ont fait soupçonner que quelque charlatan se faisoit fort de me bannir du château.
Mme CATAU.
Vraiment, il y a ici un devin, qui se pique même d'être sorcier, et qui promet à madame delà délivrer de vous. Il prépare des conjurations terribles.
L É A NDRE,
Laisse-moi faire, je te réponds que je le conjurerai lui-même , et qu'il sera bien hardi si je ne le fais pas mourir de peur.. Ce n'est pas. lui qui m'inquiète, c'est le marquis. Dans le cas où je me trouve, ce petit fat, qui est toujours auprès de ta maîtresse , est plus à craindre pour moi que vingt sorciers.
Mme CATAU.
A vous dire le vrai , il pousse vigoureusement sa pointe. Ses impertinences ont fait plus de progrès en deux jours que votre modestie et votre discrétion n'en ont fait en deux mois.
LÉAKDRE.
Aussi suis-je bien résolu de changer mon attaque, si une fois tu peux me procurer une autre entrevue.
Mme CATAU.
Ce sera bientôt, si vous savez profiter de Toc-
i8o LE TAMBOUR NOCTURNE,
casion. Ma maîtresse doit se rendre ici dans un moment avec le marquis; et le sorcier y viendra à neuf heures pour vous conjurer.
LÉ ANDRE
Je les régalerai l'un et l'autre d'un plat de mon métier.
Mme CATiU.
Préparez-vous. Un homme averti en vaut deux. Profitez bien de mes avis , et faites - moi gagner mille écus.
LÉANDRE
C'est comme si tu les avois.
Mrae CATAU.
Rentrez dans votre gîte. Je vais disposer tout pour vous seconder.
( Léandre rentre, et madame Catau s'en va.)