ACTE IV, SCÈNE IX
vous appartiendront jamais: c'est moi qui vous l'assure.
LE MARQUIS
Oh! pour le coup, je crois que vos vapeurs * vous reprennent. N'entendez vous point déjà le tambour? ( riant.) Ha , ha , ha !
Si vous vous étiez trouvé ici hier au soir à l'heure qu'il est, vous n'auriez pas été si plaisant que vous l'êtes.
LE MARQUIS
A l'heure qu'il est, dites-vous? Voici donc le temps où il fait son vacarme! Tant mieux... x\sseyons-nous ici pour avoir le plaisir de l'entendre.
LA BARONNE
Volontiers, pourvu que vous me promettiez d'être sérieux , et de ne rien dire qui puisse offenser l'esprit.
( Ils s'asseyent tous les deux. )
LE MARQUIS
Moi, l'offenser ? Ah ! j'ai trop de respect pour messieurs les esprits... Attendez; il me semble que j'entends le vôtre.
LA BARONNE
Mon dieu! ne faites point le brave d'avance; il en sera temps quand le tambour battra. Gar-
dez le silence , et , encore une fois , soyez sérieux. le ai a R Q u i s , riant à gorge déployée. Sérieux?... Ha, ha, ha, ha! Mais, je m'ennuie... (fort haut, à lacantonade.) Holà, monsieur l'esprit, dépêchez-vous donc de nous régaler." (Le tambour bat de loin.) Ah! ah! qu'est-ce que ce bruit-là? (On bat plus fort) Ma foi ceci devient sérieux en effet. (Le tambour redouble son bruit.)
Ciel ! il n'a jamais fait tant de bruit.
le marquis, d'un ton entrecoupé.
Il faut avouer que ce bruit a quelque chose d'horrible, (à part, en se levant.) Je ne sais plus qu'en penser.
la baronne, se levant aussi.
Vous vous levez?... Où allez-vous? Ne me laissez pas seule.
LE MARQUIS
Je n'ai garde... Il faut voir la fin de tout ceci. ( Le tambour bat encore plus fort. )
LA BARONNE
Il approche de plus en plus... L'esprit s'est fâché de vos discours.
LE MARQUIS
Il a tort... Je parlois contre ma pensée... Ces esprits sont bien formalistes !
(Le tambour bat excessivement fort.)