ACTE V, SCENE III
LA RAMÉE, « part.
Je m'en vais profiter de l'occasion pour découvrir celui qui m'a volé une pièce de ma vaisselle. Puisque madame le paie , il me semble qu'on peut lui faire une ou deux questions par-dessus le marché... {au baron, à demi-voix.) Monsieur, je voudrois bien vous dire un petit mot à l'oreille.
LE BARON
Parle... (h maître Nicolas, et à maître Pierre.) Éloignez-vous.
LA RAMÉE, bas.
Monsieur, je crois que vous savez aussi bien que moi que j'ai perdu, la semaine dernière, une de mes fourchettes d'argent?
LE BARON, bas.
Oh! vraiment oui, je le sais.
la ramée, « part.
Cet homme-là sait tout.
LE BARON, bas.
Sur cette fourchette d'argent il y a voit des armes.
la ramée, h part.
Cela est étonnant.
le baron, bas.
Trois têtes de paon, et Técusson soutenu de deux licornes.
io(î LE TAMBOUR NOCTURNE.
LA RAMÉE, bas.
Cela est vrai... (h part.) Je suis dans l'admiration... (au baron.) Que me conseillez-vous de faire pour la retrouver?
LE BARON, bas.
Écoute... il faut...
^L a ramée, V interrompant, bas.
Oui, monsieur.
LE BARON
Que pendant quinze jours et quinze nuits...
la ramée, i interrompant, bas.
Oh! je n'y manquerai pas.
LE BARON, bas.
Tu ne boives que de l'eau.
LA RAMÉE, bas.
Que de l'eau?... Ventre saint-gris !
LE BARON, bas.
Si tu b »is une seule goulle de vin avant les quinze jours expirés, tu ne retrouveras jamais ta fourchette. '
LA RAMÉE, bas.
Oh! j'aime mieux la perdre, et en acheter une autre.
maître pierre, a demi-voix , a maître Nicolas.
Vois-tu comme le devin lui parle tout bas? Il y a quelque anguille sous roche.