‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 147 sur 326 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

STAN S P A I R , en robe de chambre.

Holà! quelqu'un! Comment! je vois naître l'aurore,

Et pas un de mes gens ne se réveille encore !

Laquais! Monsieur Gorju! Personne ne répond!

Tout dort, et moi je veille! Un silence profond

Régne dans ma maison à quatre heures sonnées!

Est-ce ainsi qu'à dormir on perd les matinées?

Monsieur Gorju! Laquais! J'ai beau faire fracas,

On ne s'éveille point, et l'on fait peu de cas

D'un maître, dont le cœur trop facile et trop tendre,

A la plus foible excuse est tout prêt à se rendre.

A la fin , c'en est trop; et contre mon penchant

Il faut que je devienne inflexible, méchant.

Dur, hautain, querelleur. Oui, changeons de manière;

Cachons mon naturel sous une morgue fière :

C'est l'unique moyen de se faire obéir.

On se rend respectable en se faisant haïr; Au lieu que la bonté, quand elle est excessive , Rend lame des valets paresseuse et rétive : Malheur donc au premier qui tombe sous ma main ! Jamais il n'éprouva maître plus inhumain. Enfin voici Gorju. Commençons.

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