ACTE II, SCENE V
« Qui donnent du relief à votre renommée. « Pour un valet de chambre avoir recours à moi, « C'est une idée assez plaisante; « N'importe, j'ai trouvé , je croi, « L'homme qui vous convient; et j'en suis très contente. * Le préambule est long; mais lisons jusqu'au bout.
{Il lit.) « C'est un joli garçon... »
pas qui N , faisant une brusque et profonde révérence. |
Ah , monsieur! point du tout.
SAN s PAIR.
Ne m'interrompez plus, et trêve de courbettes. On ne m'impose point par ces façons discrètes, Dont un orgueil caché sait toujours se munir. Quand on a du mérite il faut en convenir.
PASQU1N.
( à part. ) Je n'y manquerai pas. Cet homme est très comique, Et me paroît avoir un coin de lunatique.
s a n s p a i r lit.
« C'est un joli garçon , bien sensé , plein d'esprit, « Et qui ne dément point ce qu'on m'en avoit dit. » Ma mère n'a jamais prodigué la louange. pasquin, d'un ton modeste.
Monsieur...
SANSPAIR.
Vous avez donc de l'esprit?
PASQUIN
Comme un ange.
Puisque vous le voulez, j'en conviens bonnement.
sanspair, en souriant.
Un aveu si naïf est un aveu charmant.
{Il lit.)
« Il est exact, adroit , sincère ; « De plus, on me répond de sa fidélité:
« Mais ce qui va bien plus vous plaire, « De ses talents celui qu'on m'a le plus vanté,
« C'est qu'il a le don de se taire. » O merveilleux talent, plus précieux que l'or! Si vous le possédez, vous êtes un trésor. Mais le possédez-vous, dites-moi? puis-je croire Qu'un domestique atteigne à ce genre de gloire? Vous êtes donc le seul que la faveur des cieux Ait jamais honoré de ce don précieux?
Etes-vous ce prodige? Allons, soyez sincère. Répondez. Est-il vrai que vous savez vous taire? Morbleu! répondez donc. Vous vous moquez, je croi.
Mon silence, monsieur, vous répondoit pour moi.
SANSPAIR.
Par ma foi, ce garçon commence à me confondre. Un sage de la Grèce eût-il pu mieux répondre? Embrassez-moi, mon cher.
PASQUIN
Ah, monsieur...
SANSPAIR.
Sans façon.
PASQUIN
Quoi ! mon maître avec moi feroit comparaison ?