‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 186 sur 326 · LA COMTESSE, JULIE, LISETTE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, JULIE, LISETTE

LA COMTESSE

Je ne m'étonne plus si mon frère vous aime.

JULIE

Le croyez- vous, madame?

LA COMTESSE

Et j'en suis sûre même.

JULIE

Vous êtes obligeante.

LA COMTESSE

Et sincère.

JULIE

Entre nous , De son penchant pour moi quelle preuve avez- vous?

LA COMTESSE

Quelle preuve? Il refuse un parti très sortable, Fille puissamment riche, et même assez aimable: Mon père en est outré, sans avoir deviné La cause d'où provient ce refus obstiné. Pour moi, je la savois, et l'ai si bien cachée...

JULIE

Votre frère m'a plu; je lui suis attachée;

Je crois lui plaire aussi : mais, par ce que j'apprends,.

Pour traverser nos vœux nous avons deux tyrans.

Il cédera peut-être au pouvoir de son père :

Ma mère m'a soumise à celui de mon frère ,

Qui me destine un sot que je hais à la mort. Des plus tendres amants voilà quel est le sort! Toujours leur passion trouve un injuste obstacle; Et, pour les rendre heureux, il faut quelque miracle.

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