ACTE IV, SCÈNE VII
Dont on vient de parler?
Oui, monsieur, c'est lui-même; Homme plein de candeur, que j'estime, que j'aime, Parceque du vieux temps il rappelle les mœurs, Et qu'il est ennemi du faste et des grandeurs. Il est vif, il est prompt; marque d'un cœur sincère : C'est des honnêtes gens le défaut ordinaire, Et l'unique défaut que je remarque en lui.
le comte, cCun air vif et surpris.
Vous lui donnez Julie ?
LE BARON
On contracte aujourd'hui , Et demain on épouse.
sanspair, au baron.
Attendons, je vous prie.
le baron.
Cousin, je n'en puis plus. Il faut qu'on me marie, Ou qu'on m'assomme.
le comte, gravemen t.
Eh bien , on vous assommera.
le baron.
Cet homme est admirable! Eh! qui s'en chargera?
le comte, gravement.
Mais... moi, si vous voulez.
V LE BARON
L'offre est fort obligeante.
Vous êtes donc, mon cher, d'une humeur assommante?
le comte, toujours gravement.
Quand quelqu'un me déplaît, je m'en fais un régal.
le baron, àSanspair.
Que faites-vous ici de «et original ?
Ose-t-il plaisanter avec cette figure?
le comte, du même ton.
Me traiter de plaisant, c'est me faire une injure. Un homme singulier est toujours sérieux.
LE BARON
Sais-tu bien , mon ami, que je suis bilieux?
SANSPAIR.
Parlez mieux:, mon cousin , ou gardez le silence. Apprenez que monsieur est homme de naissance.
LE BARON
Ce visage seroit homme de qualité ?
le comte, frappant du pied et du la canne. Morbleu! si ce n'étoit la singularité... sanspair, au comte.
Eh ! pour l'amour de moi...
le comte, vivement.
Que le diable m'emporte...
SANSPAIR, au comte.
Un homme singulier s'emporter de la sorte !
Il croit donc m'effrayer avec son œil hagard? Savez- vous qui je suis ?
le comte, gravement.
Un très plat campagnard.
LE BARON
Moi campagnard! Moi plat! Ah! si j'entre en furie...
le comte, d'un air menaçant.
Eh bien?