ACTE V, SCÈNE X. ftj
Vous aimez donc ma fille?
SANSPAIR.
Ah, monsieur! je l'adore !
Daignez me l'accorder.
LE MARQUIS
Votre choix nous honore; Je ne balance pas entre Beausang et vous. Mais il nous reste un point à traiter entre nous.
SANSPAIR.
Quel est-il?
LE MARQUIS
Il s'agit d'appeler un notaire :
Il faut par-devant lui stipuler un douaire.
SANSPAIR.
Un douaire, monsieur! Je ne m'en mêle point.
LE MARQUIS
Eh! qui voulez- vous donc qui décide ce point?
SANSPAIR.
Vous. A cent mille écus mon revenu se monte; Posez sur cette base , et faites votre compte. Douaire, préciput, tout ce qu'il vous plaira; Sur votre bon plaisir tout se décidera : Et je serai content, si madame est contente. Réservez seulement vingt mille francs de rente Que je veux , dès ce soir, assurer à ma sœur.
LE MARQUIS
Vingt mille francs!
SANSPAIR.
Sans doute.
36o L'HOMME SINGULIER.
LE MARQUIS
Avec un si bon cœur On peut bien vous passer une humeur singulière.
LA COMTESSE, au marquis.
Souffrez que mon époux devienne mon beau-frère; Cet accord maintenant peut être ménagé.
LE MARQUIS
Cela ne se peut pas. Monsieur est engagé.
LA COMTESSE
Il se dégagera.
SANSPAIR.
Non ; j'en suis incapable :
J'ai donné ma parole, elle est inviolable. Si j'osois y manquer... Eh bien? que me veut-on?