ACTE III, SCÈNE IX
arsinoÉ, à Clèon.
On se plaint fort de vous :
Qui peut donc si long-temps vous séparer de nous?
b élise, à Clèon.
Vous nous donnez, Cléon, un festin magnifique, Et vous nous plantez là... Ce procédé me pique.
carton, à Cléon.
Tu nous fais trop languir : il faut nous mettre au jeu; Le temps est précieux.
géronte, à Cléon.
Courage , mon neveu !
La réforme est complète et très édifiante.
florimon, au marquis, en montrant Géronte. Quel est cet homme-là?
le marquis, à tous les convives, en prenant la main de Géronte et en le leur montrant.
Messieurs, je vous présente La fleur de la contrée, un oncle gracieux, Prévenant, libéral, et qui fait de son mieux Pour soutenir Cléon dans sa magnificence.
cidalise, à Géronte.
Il veut bien recevoir notre humble révérence? ( Toutes les dames saluent Géronte. ) le comte, à Géronte, en l'embrassant.
Monsieur, en vérité, j'avois un grand désir De faire connoissance avec vous.
florimon, à Géronte, en l'embrassant.
Quel plaisir De l'embrasser!
carton, à Géronte, en l'embrassant aussi..
Monsieur veut bien me le permettre?
le marquis, à Géronte , en allant, de même, l'embrasser.
Parbleu! j'aurai mon tour, et j'ose me promettre Que monsieur sentira, dans cet embrassement, L'excès de l'amitié...
géronte, l'interrompant et se débarrassant d'entre ses bras.
Doucement, doucement.
le marquis, à Cléon.
Allons, à toi, Cléon; une tendre accolade!
cléon, à Géronte, en l'embrassant avec transport. Mon oncle! mon cher oncle!...
géronte, l'interrompant, en s' essuyant et le repoussant.
Ah ! j'en serai malade...
Retire-toi, bourreau !... Tu me fais outrager; Mais, avant qu'il soit peu, je saurai m'en venger.
CLÉON
Quoi ! lorsque mes amis s'empressent à vous plaire...
géronte, t interrompant.
Dissipe, mange, bois; ce n'est plus mon affaire. Je t'abandonne.
le comte, à Géronte.
Au fond, de quoi vous plaignez- vous?
GÉRONTE
De quoi je me plains?
Oui.