CLÉON, JULIE
CLÉON
Par un ton si nouveau je suis déconcerté.
JULIE
Eh quoi! vous fâchez-vous de votre liberté?
Cette liberté-là me paroît bien suspecte.
JULIE
Vous voyez qu'à la fin votre oncle vous respecte.
cléon.
Êtes-vdus de concert pour vous moquer de moi?
JULIE
Non , Cléon, je vous parle ici de bonne foi. Votre oncle vous blâmoit; il reconnoît sa faute : Vous aviez un tyran , et c'est moi qui vous l'ôte. J'ai corrigé son ton. Sans aigreur, sans courroux, Votre oncle va vous voir vous livrer à vos goûts. Je l'en ai tant prié qu'à la fin il m'a crue. Moi-même, qui sur vous voulois être absolue, Je suivrai son exemple; et mon cœur désormais Veut se montrer par-là sensible à vos bienfaits. Je vous ai rebuté par mon humeur austère; Quand vous vous en vengaz, c'est à moi de me taire. De votre volonté je me fais une loi, Et vous ne recevrez nul reproche de moi.
cléon, embarrassé.
Cet excès de bonté...
Julie-, l'interrompant.
L'inconstance est permise Lorsqu'elle est bien fondée. Après tout, Cidalise Vous convient mieux que moi; je le dois avouer; Et d'un choix si prudent chacun va vous louer.
CLÉON
Vous êtes bien piquée, et de mon inconstance..,
julie, l'interrompant.
Je la vois, je vous jure, avec indifférence.