‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 300 sur 326 · CLÉON, JULIE · texte numérisé non relu

CLÉON, JULIE

CLÉON

Par un ton si nouveau je suis déconcerté.

JULIE

Eh quoi! vous fâchez-vous de votre liberté?

Cette liberté-là me paroît bien suspecte.

JULIE

Vous voyez qu'à la fin votre oncle vous respecte.

cléon.

Êtes-vdus de concert pour vous moquer de moi?

JULIE

Non , Cléon, je vous parle ici de bonne foi. Votre oncle vous blâmoit; il reconnoît sa faute : Vous aviez un tyran , et c'est moi qui vous l'ôte. J'ai corrigé son ton. Sans aigreur, sans courroux, Votre oncle va vous voir vous livrer à vos goûts. Je l'en ai tant prié qu'à la fin il m'a crue. Moi-même, qui sur vous voulois être absolue, Je suivrai son exemple; et mon cœur désormais Veut se montrer par-là sensible à vos bienfaits. Je vous ai rebuté par mon humeur austère; Quand vous vous en vengaz, c'est à moi de me taire. De votre volonté je me fais une loi, Et vous ne recevrez nul reproche de moi.

cléon, embarrassé.

Cet excès de bonté...

Julie-, l'interrompant.

L'inconstance est permise Lorsqu'elle est bien fondée. Après tout, Cidalise Vous convient mieux que moi; je le dois avouer; Et d'un choix si prudent chacun va vous louer.

CLÉON

Vous êtes bien piquée, et de mon inconstance..,

julie, l'interrompant.

Je la vois, je vous jure, avec indifférence.

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