‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 32 sur 326 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

remment qu'ils ne sont pas venus ici depuis que je suis de retour de Paris.

m. des masures, a part.

Ah! nous voilà bien retombés, (haut.) Je vois que vous n'êtes pas forte sur l'histoire romaine. Peut-être savez- vous mieux celle de France. Combien comptez-vous de rois de France depuis l'établissement de la monarchie ?

ANGÉLIQUE

Combien ?

M. DES MASURES

Oui.

ANGÉLIQUE

Mille sept cents...

M. DES MASURES

Ah ! bon Dieu ! mille sept cents rois !

ANGÉLIQUE

Assurément.

M. DES MASURES

Et qui vous a appris cela?

C'est ma nourrice.

M. DES MASURES

Sa nourrice lui a appris l'histoire de France ! Mademoiselle, cessez de plaisanter, je vous prie; car, ou votre père et votre mère m'ont trom-

pé, ou certainement vous vous moquez de moi.

ANGÉLIQUE

Moi, me moquer de monsieur des Masures! Ah ! j'ai trop de respect pour lui.

M. DES MASURES

Mais vous saviez, disiez-vous, l'histoire, la géographie, la chronologie, la fable, la philosophie ?

ANGÉLIQUE

Hélas ! je le disois pour vous faire plaisir.

M. DES MASURES

Vous ne savez donc rien?

ANGÉLIQUE

Je sais lire passablement, et j'apprends à écrire depuis deux mois.

M. DES MASURES

La peste! vous êtes fort avancée. Mais on me disoit que vous aviez infiniment d'esprit?

Infiniment? cela est vrai. Je vous avoue touî bonnement que j'ai de l'esprit comme un ange.

M. DES MASURES

Et vous le dites vous-même ?

ANGÉLIQUE

Pourquoi non? Est-ce un péché que d'avoir de l'esprit?

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