SCÈNE IV
LE PRÉSIDENT, LA PRÉSIDENTE, LA COMTESSE, ANGÉLIQUE, LA BARONNE, M. DES MASURES, LOLIVE.
LOLIVE.
Nepourriez-vous point me dire, par aventure, où je pourrai trouver l'original que je cherche?
M. DES MASURES
Et qui est cet original , mon ami !
LOLIVE.
Pargué! c'est vous-même.
M. DES MASURES
Insolent! sans le respect que j'ai pour la compagnie, je t'apprendrois à parler; je t'en dois aussi bien qu'à ton camarade.
LOLIVE.
Eh morgue ! ne vous fâchez pas ; je vous apporte un petit billet doux qui vous divartira peut-être.
M. DES MASURES
Un billet doux ! et de qui est-il ?
LOLIVE.
D'un biau monsieur tout galonné que je ne connois point; j'ai pris bravement deux louis d'or
qu'il a bouté dans ma main , et vlà son billet que
je boute dans la vôtre gratis.
LA BARONNE
Je soupçonne d'où il vient. Lisez haut, je vous prie.
M. des masures lit en trembla n t.
« Avant que vous épousiez Angélique, je suis « curieux de savoir si vous la méritez mieux que « moi. Je vous attends dans le petit bois pour dé- « cider cette affaire. Venez m'y trouver au plus « vite , sinon j'irai vous chercher, fussiez-vous au « fond des enfers.
« Léandre. »
la comtesse.
Voilà une affaire sérieuse , et je me persuade que vous vous en tirerez galamment.
M. DES MASURES
Très galamment , je vous jure. Mon ami , vat'en dire à celui qui t'a chargé de ce billet que nous ne nous battrons point pour savoir à qui Angélique demeurera , et que je la lui cède de tout mon cœur.
(Lolive sort.)