ACTE I, SCÈNE II. o
qualité arrivent au château?... (h La Ramée.) Allez mettre le couvert, monsieur de La Ramée, (à maître Pierre.) Allez donner l'avoine à vos chevaux, maître Pierre... (à Nicolas.) Pourquoi n'étes-vous pas à votre jardin, maître Nicolas ?
LA. RAMÉE
Comme nous nous sommes trouvés tous trois de loisir, que pouvions-nous faire de mieux que d'essayer, en buvant, si nous ne pourrions point nous donner du courage contre l'esprit ?
MAÎTRE NICOLAS
Car voyez-vous, madame Catau, je sommes tous trois d'opinion qu'on n'a jamais plus de courage que quand on est ivre.
Mme CATAU.
Oh ! les poltrons ! Ce sont eux qui, avec leurs contes impertinents, perdent ce château de réputation , et sont cause que mille gens y accourent de toutes parts. Les marauds s'effraient sans raison, et inspirent la frayeur à tous nos voisins.
maître Nicolas, à La Ramée et à maître Pierre.
Je nous effrayons, dit-elle... Jarnigué ! je ne erains rien; entendez - vous , madame Catau? J'aurois peur d'un tambour, moi? Eh! morgue! c'est un vrai tambour de milice.
joo LE TAMBOUR NOCTURNE.
LA RAMÉE
Au nom de Dieu, maître Nicolas, ne blasphémez point. Respectez l'esprit et son tambour.
MAÎTRE PIERRE, à Nicolas.
Vous avez tort, maître INicoIas, et vous serez cause qu'il nous arrivera quelque malheur.
Mme c A T A D , À part.
Bon ! voilà mes ivrognes aussi persuadés que je le souhaitois qu'il revient un esprit dans ce château,
maître H i c o l a s, h La Ramée et a maître Pierre, en se versant une rasade,et en montrant son verre. Par la têtedié , je me gobarge de l'esprit encore une fois ; je suis dans mon fort..., et avec celte arme-là je ne craindrois pas le diable, s'il me montroit ses cornes... ( On entend battre le tambour, et Nicolas en est si effrayé qu'il laisse tomber son verre.) (« part.) Ahî je suis mort!... (à la cantonade.) Miséricorde ! ayez pitié de moi, monsieur l'esprit.
la r a m É e , se levan t, et courant avec un tel effroi autour de la table, qu'il se laisse tomber. Où courir? où nous sauver?
maître pierre, aussi effrayé que ses deux
camarades.
Allons nor.s cacher dans la cave.
( Ils s enfuient tous trois. )