‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 63 sur 326 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LA BARONNE, madame CATAU.

Mme CATAU.

Ah, madame! est-ce vous qui frappiez si fort? Le cœur me bat. . . Vous m'avez fait une frayeur mortelle. J'ai cru que c'étoit l'esprit qui jouoit de son tambour.

iu6 LE TAMBOUR NOCTURNE.

Là BARONNE.

Je viens de faire quelques tours de jardin avec le marquis. Il a employé toute son éloquence à me convaincre que l'histoire du tambour est un conte des plus ridicules.

Mme CATAU.

C'est un petit impertinent de médire des esprits; ils pourroient bien se venger de lui... En vérité, madame, je crois que ce sont ses fréquentes visites qui troublent le repos de monsieur votre mari, et qui l'obligent à revenir de l'autre monde.

LA BARONNE

C'est ce que je ne saurois croire.

Mme CATAU.

Cependant ce n'est que depuis que le marquis vient dans ce château que ce maudit tambour fait tant de frayeur. Tant que Léandre vous a fait l'amour, on n'a pas entendu ici trotter une souris.

LA BARONNE, à part.

Je m'aperçois qu'elle veut me prévenir en sa faveur; mais elle n'y réussira pas. (à madame Catau.)l\ me semble que tu as bien du penchant pour Léandre?

Mme CATAU.

C'est que je suis sûre qu'il vous convient ; et

Page 1