SCÈNE II
LE MARQUIS, madame CATAU.
LE MARQUIS
Voici l'occasion que je cherche depuis longtemps. Je te trouve seule, et je veux profiter du moment, (voulant V embrasser.) Allons, embras- «ons-nous pour nous réconcilier.
MMe CATAU.
Ah ! vraiment, j'ai des affaires bien plus pressées!
le marquis, essayant de V embrasser.
Ou je t'embrasserai , ou tu m'embrasseras ; choisis.
MP»e catau, le repoussant.
Ni l'un ni l'autre. Ah! fi donc, point de jeux de main, monsieur le marquis.
LE MARQUIS
Parbleu ! tu fais autant de façons que si tu n'avois que- quinze ans. Je vais gager que tu es trop sage pour l'être toujours.
Mme CATAU.
Et moi, je vais gager... que vous serez toujours aussi fou que vous l'êtes. Laissez-moi; je vais chercher notre intendant : madame le demande.
i42 LE TAMBOUR NOCTURNE.
LE MARQUIS
Je viens de le rencontrer à deux pas d'ici. Il se promène avec un vieux roquentin , qui a la barbe plus longue que ma chevelure. Apparemment, c'est encore quelque domestique de la maison; «ar, excepte' ta maîtresse, on ne voit ici que de vieilles faces. Cela soit dit sans te fâcher, ma pauvre Catau; tu n'es plus jeune, mais tu es encore bien piquante.
Mme CATAU, à part.
Quel est le dessein de cet homme-là? Je crois qu'il veut me gagner, pour que je le serve auprès de ma maîtresse. S'il me paie bien, nous verrons.
LE MARQUIS
Oh çà, ma bonne, parle -moi sincèrement. Pourquoi n'es-tu pas de mes amies?
Mme CATAU.
Eh ! mais... c'est parceque j'aime ma maîtresse.
LE MARQUIS
Mais, quelle mouche te pique? Vois-tu quelque chose d'irrégulier daus ma personne ? Ai-je quelque défaut qui te choque?
Mme CATAU.
Croyez-moi , n'excitez point ma sincérité : vous n'y trouveriez pas votre compte.
LE MARQUIS
Allons , allons , mon enfant , point de mauvais»