‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 9 sur 326 · I.OLIVE · texte numérisé non relu

I.OLIVE

De ce coquin-là, qu'il n'y a pas moyen de faire travailler. Tu prétends donc, maître ivrogne, manger le pain des honnêtes gens sans le gagner?

LÉANDRE

Acoutez, maître Pierre, vous êtes un brutal, sauf correction : mais je le suis aussi quand je m'y boute.

lolive.

Je suis un brutal , monsieur le maroufle ! Si ce n'étoit le respect que j'ai pour madame...

En vérité , maître Pierre , il me semble que vous maltraitez un peu trop ce garçon-là.

LOLIVE.

Avec votre permission, mademoiselle, ce ne sont pas là vos affaires, (à Léandre.) Ah! je suis donc un brutal!

LEANDRE

Morgue!...

LOLiyp.

Morgue ! tatigué ! ventregué ! tu n'es qu'un sot, entends-tu, Nicolas? un fainéant, un sac à vin, un...

ANGÉLIQUE

Le pauvre garçon me fait pitié. Ne souffrez

pas, madame, que maître Pierre le traite si rudement.

LA BARONNE, h Lolive.

Doucement, maître Pierre; pourquoi l'accables-tu d'injures, et veux-tu me donner mauvaise opinion de lui?

LOLIVE.

Morgue! c'est qu'il veut se mêler de jaser, au lieu de faire sa besogne.

LA BARONNE

De jaser ! et sur quoi ?

Sur vous, sur monsieur le baron, sur mademoiselle Angélique.

LA BARONNE

Ah ! ah ! ceci n'est pas mauvais ! Et que dit - il de nous?

LOLIVE.

On le prendroit pour un innocent ; mais, morgue, ne vous y fiez pas : c'est un songe-creux, je vous en avartis.

LA BARONNE

Mais encore , que dit-il de monsieur le baron ?

LOLIVE.

Il dit...

LÉANDRE

Ne l'écoutez pas, madame, je vous prie.

Page 1