‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 93 sur 326 · ACTE III, SCÈNE IV. i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV. i

LE MARQUIS

Parbleu! vous moquez-vous de moi? Croyezvous, de bonne foi, que je donne comme vous dans les préjugés du vulgaire? Je suis honteux, en vérité, qu'une femme de votre mérite puisse croire aux sorciers et aux devins ; mais c'est le foible des femmes de donner dans les charlataneries. La foiblesse de votre sexe vous rend excusable.

la baronne, le contrefaisant.

Et la force du vôtre vous rend présomptueux. Je vous avoue que je serois charmée, si l'homme que vous allez voir rabattoit un peu votre confiance. Vous croyez être plus sage que tout le reste du monde.

LE MARQUIS

Ma foi, je ne me trompe pas beaucoup; mais, supposé que je me trompe, j'ai du moins cela de bon par-devers moi que je ne crains ni les sorciers ni les esprits.

LA BARONNE

C'est ce que je veux éprouver aujourd'hui. Nous verrons si vous êtes si intrépide. Le sorcier va venir, et je vous retiens ce soir à souper, pour que vous entendiez l'esprit.

LE MARQUIS

Parbleu! je vous rendrai bon compte de l'un

i5o. LE TAMBOUR NOCTURNE.

et de l'autre, je vous en réponds, {voyant venir

le prétendu devin et M. Pincé. ) Voici déjà votre

docteur qui a, je crois, plus de barbe que de

science... Il vient avec le bon homme aux trois

raisons.

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