ACTE I, SCENE IV. ai
pas ? Où est le souvenir de vos engagements ? Qu'est devenu celui de notre petit Emmanuel, ce fruit d'un amour oublié , qui devoit nous conduire à des noces?
BA.RTIIOLO, ôtant son chapeau.
Est-ce pour e'couter ces sornettes que vous m'avez fait venir de Séville ? Et cet accès d'hymen qui vous reprend si vif...
MARCELINE
Eh hien ! n'en parlons plus. Mais si rien n'a pu vous porter à la justice de m' épouser, aidez-moi donc du moins à en épouser un autre.
BARÏIIOLO.
Ah ! volontiers : parlons. Mais quel mortel abandonné du ciel et des femmes?...
MARCELINE
Eh! qui pourroit-ce être, docteur, sinon le beau , le gai, l'aimable Figaro ?
Ce fripon-là?
MARCELINE
Jamais fâché; toujours en belle humeur; donnant le présent à la joie, et s'inquiétant de l'avenir tout aussi peu que du passé ; sémillant , gé' néreux ! généreux...
Comme un voleur.
>2 LE MAUIAGE DE FIGAUO
M.\U CELINE.
Comme un sci-j^neur; cliarmaiU enfui. Mais c'est le plus grand monstre !
Et sa Susanne?
MARCELINE
Elle ne l'auroit pas, la rusée, si vous vouliez m'aider, mon petit docteur, à faire valoir un enj^agement que j'ai de lui.
BARTHOLO
Le jour de son maria{^e ?
MARCELINE
On en rompt de plus avancés : et si je ne craignois d'éventer un petit secret des femmes...
BARTHOLO
En ont-elles pour le médecin du corps ?
MARCELINE
Ah! vous savez que je n'en ai pas pour vous. Mon sexe est ardent, mais timide. Un certain charme a beau nous attirer vers le plaisir, la femme la plus aventurée sent en elle une voix qui lui dit : Sois belle si lu peux, sage si tu veux; mais sois considérée , il le faut. Or, puisqu'il faut être au moins considérée, (jue toute femme en sent l'importance, effrayons d'abord la .Susanne sur la divulgation des offres qu'on lui fait.