ACTE V, SCÈNE VII
LE COMTE, la caressant.
Ce que je trouve en toi, ma beauté...
LA COMTESSE
Mais dites donc.
LE COMTE
Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières, un je ne sais quoi qui fait le charme : quelquefois un refus ; que sais -je? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant : cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment (quand elles nous aiment) ! et sont si complaisantes et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris un beau soir de trouver la satiété où Ton recherchoit le bonheur.
LA COMTESSE, rt fart.
Ah! quelle leçon!
LE COMTE
En vérité, Suson, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveler à l'amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession par celui de la variété. LA COMTESSE, piquée.
Ponc elles doivent tout?...
a.o LE MARIAGE DE FIGARO.
LE COMTE, liant.
Et Ihoimne rien. Changerons-nous la marche de la naliire? jNotre tâche à nous fut de les obtenir; la leur...
I A COMTESSE
La leur ^
LE COMTE
Est de nous retenir: on l'oublie trop.
LA COMTES. SE
Ce ne sera pas moi.
LE COMTE
I\'i lîioi.
INi moi.
fi<;aro, à part.
S ES A>" SE, à part.
Si moi.
L E c. o M TE prend la main de sa femme.
Il y a de l'e'cho ici; parlons plus bas. Tu n'as nul besoin d'y songer, toi, que Tamour a faite et si vive et si jolie ! Avec un grain de caprice, tu seras la plus agaçante maîtresse! (// la baise au front.) Ma Susaïuie , un Castillan n'a que sa parole. Voici tout l'or promis pour le rachat du droitquejc n'ai plussuilc drliiicux moment que tu m'accordes. Mais comme la grâce que tu daigne.*; y mettre est sans prix, j'y joindrai ce brillant que tu porter.T-; potir l'amour de moi.