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ACTE V, SCÈNE VIII

et comment cet habit, qui m'abusoit, te montre enfin innocente.

SUSANNE

Eh! c'est toi qui es un innocent de venir te prendre au piège apprêté pour un autre ! Est-ce notre faute, à nous, si voulant museler un renard nous en attrapons deux?

FIGARO

Qui donc prend l'autre?

SUSANKE.

Sa femme. Sa femme ?

Sa femme.

FIGARO

âUSANDiE.

FIGARO, follement.

Ah! Figaro! pends- toi; tu n'as pas deviné celui-là. — Sa femme ! Oh ! douze ou quinze mille fois spirituelles femelles ! — Ainsi les baisers de cette salle ?

SUSANNE

Ont été donnés à madame.

FIGARO

Et celui du page ?

SUSANNE, riant.

A monsieur.

2i8 LE MARIAGE DE FIGAIîO

FIGARO

Et tantôt , derrière le fauteuil ?

sus ANNE.

A personne.

FIGARO

En êtes-vous si'ire ?

SUSANNE, riant. Il pleut des soufflets, Figaro.

FIGARO lui baise la main .

Ce sont des bijoux que les tiens. Mais celui du comte étoit de bonne guerre.

SUSAN>E

Allons, superbe , humilie-toi.

FIGARO fait tout ce qu'il annonce.

Cela est juste : à genoux , bien courbe', prosterne , ventre à terre.

s u s A N X E , en rian t.

Ah ! ce pauvre comte ! quelle peine il s'est donnée !...

F I G A R o se relève sur ses genoux. Pour faire la conquête de sa femme !

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