‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 17 sur 265 · ACTE 1, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE VII

CHÉRUBIN tourne autour du grand fauleuil.

Tu diras qu'il est égaré, gâté; qu'il est perdu. Tu diras tout ce que tu voudras.

s us AN NE tourne après lui.

Oh! dans trois ou quatre ans, je prédis que vous serez le plus grand petit vaurien !... Rendezvous le ruban ? (^EUe veut le reprendre. ) CHÉRUBIN tire une romance de sa poche.

Laisse; ah! laisse-le-moi, Suson:je te donnerai ma romance ; et pendant que le souvenir de ta belle maîtresse attristera tous mes moments , le tien y versera le seul rayon de joie qui puisse encore amuser mon cœur.

S u s A N s E a rracli e la romance.

Amuser votre cœur, petit scélérat ! Vous croyez parler à votre Fanchette.On vous surprend chez elle ; et vous soupirez pour madame ; et vous m'en contez à moi par-dessus le marché !

CHÉRUBIN, exalté.

Cela est vrai , d'honneur ! Je ne sais plus ce que je suis; mais depuis quelque temps je sens ma poitrine agitée ; mon cœur palpite au seul aspect d'une femme ; les mots amour et volupté le font tressaillir, et le troublent. Enfin le besoin de dire à quelqu'un je vous aime est devenu pour moi si pressant, que je le dis tout seul, en courant dans le parc, à ta maîtresse, à toi , aux arbres, aux

3d le mariage de FIGARO,

iiuage», au vent qui les emporte avec mes paroles perdues. — Hier je rencontrai Marceline... suSAN>'E, riant.

Ah ah ah ah !

CHÉRUBIN

Pourquoi non ? Elle est femme ! elle est Fille ! Une fille! une femme! ah! que ces noms sont doux ! qu'ils sont intéressants !

Il devient fou.

CHÉRUBIN

Fanchette est douce; elle m'écoute au moins : tu ne l'es pas , toi !

sus ANNE.

C'est bien dommajje. Écoutez donc monsieur ! ( Elle veut arracher le ruban. )

CHÉRUBIN tourne en fuyant.

Ah ! ouiche ! On ne l'aura , vois-tu , qu'avec ma vie. Mais, si tu n'es pas contente du prix, j'y joindrai mille baisers. (// lui donne chasse h son tour.) s u S A N N E tourne en fuyant.

Mille soufflets, si vous approchez. Je vais m'en plaindre à ma maîtresse; et, loin de supplier pour vous, je dirai moi-même à monsei{;iieur : C'est bien fait, monsoi(;neur; chassez -nous ce |)etit voleur ; renvoyez à ses parents un petit mauvais sujrt qui sr doiifif Ics airs d'aimer madame,

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