ACTE I, SCÈNE IV
EÉGEARSS, ria7lt.
J'adore ta franche colère : elle met à jour ton bon cœur. Quant à l'amoureux chevalier, il le destine à voyager... long-temps. — Le Figaro, homme expérimenté , sera scm discret conducteur. (// lui prend la main.) Et voici ce qui nous concerne : Le comte, Florestine et moi habiterons le même hôtel; et la chère Susanne à nous, chargée de toute la confiance, sera notre surintendant, commandera la domesticité, aura la grande main sur tout. Plus de maii, plus de soufflets, plus de brutal contradicteur; dçs jours filés d'or et de soie, et la vie la plus fortunée !...
A vos cajoleries, je vois que vous voulez que je vous serve auprès de Florestine?
EÉGEARSs, caressant.
A dire vrai, j'ai compté sur tes soins. Tu fus toujours une excellente femme ! J'ai tout le reste dans ma main ; ce point seul est entre les tiennes. {vivement.) Par exemple, aujourd'hui lu peux nous rendre un signalé... [Susanne l examine ; Bégearss se reprend.) Je dis un signalé., par l'importance qu'il y met, [froidement.) car, ma foi, c'est bien peu de chosct. Le comte auroit la fantaisie... de donner à sa fille, en signant le contrat, I une parure absolument semblable aux diamants
254 LA MKRE COUPABLE.
fie la comtesse. Il ne voudroit pourtant pas qu'on
le sût.
s u S A X >• E , surprise.
Ha ha !
BÉGEARSS
Ce n'est pas trop mal vu : de beaux diamants terminent bien des choses. Peut-être il va te demander d'apporter l'ëcrin de sa femme pour en confronter les dessins avec ceux de son joaillier...
sus ANNE.
Pourquoi comme ceux de madame? C'est une idce assez bizarre.
BÉGEARSS
Il prétend qu'ils soient aussi beaux... Tu sens pour moi combien c'étoit égal. Tiens, vois-tu? le voici qui vient.