ACTE II, SCÈNE XXII. 3or
FIGARO
Je le crois : quand on a hérité de quarante mille doublons de huit. . .
LE COMTE, se fâchant.
Avez-vousdonc quelque remarque à nous faire aussi là-dessus?
FIGARO
Qui? moi, monsieur? J'en doute d'autant moins que j'ai beaucoup connu le parent dont monsieur hérite. Un jeune homme assez libertin, joueur, prodigue et querelleur; sans frein, sans mœurs , sans caractère , et n'ayant rien a lui, pas même les vices qui l'ont tué ; qu'un combat des plus malheureux...
( Le comte frappe du pied. ) E É G E A R s s , en colère.
Enfin, nous direz-vous pourquoi vous avez déposé cet or?
FIGARO
Ma foi, monsieur, c'est pour n'en être plus chargé. Ne pouvoit-on pas le vcîer?Que sait-on? il s'introduit souvent de grands fripons dans lesmaisons...
BÉGEARSS, en colère.
Pourtant monsieur veut qu'on le rende.
FIGARO
Monsieur peut l'envoyer chercher.
3o2 LA MÈRE COUPABLf.
BÉGEARSS
Mais ce notaire s'en dessaisira-t-il, s'il ne voit son rëce'pissé?
FIGARO
Je vais le remettre à monsieur ; et quand j'aurai fait mon devoir, s'il en arrive quelque mal , il ne pourra s'en prendre à moi.
LE COMTE
Je l'attends dans mon cabinet.
FIGARO, au comte.
Je vous préviens que monsieur Fal ne les rendra que sur votre reçu ; je le lui ai recommandé. ( Il sort. )