ACTE III, SCÈNE IX. 3x
LE COMTE, avec douleur.
Oui, sans réplique. I^avec ardeur. ) Otons-le« de mon sein: elles me brûlent la poitrine. (// tire la lettre de son sein, et la met dans sa poche. ) BÉGEARSS continue avec douceur.
Je combattrois avec plus d'avantage en faveur du fils de la loi ; car enfin il n'est pas comptable du triste sort qui l'a mis dans vos bras. LE COMTE reprend sa fu reu r.
Lui , dans mes bras ! jamais.
BÉGEARSS
Il n'est point" coupable non plus dans son amour pour Florestine ; et cependant , tant qu'il reste près d'elle, puis-je munir à cette enfant, qvu, peut-être éprise elle-même, ne cédera qu'à son respect pour vous ?La délicatesse blessée...
LE COMTE
Mon ami, je t'entends; et ta rétlexion me décide à le faire partir sur-le-champ. Oui, je serai moins malheureux quand ce fatal objet ne blessera plus mes regards : mais comment entamer ce sujet avec elle ? voudra-t-elle s'en séparer? Il faudra donc faire un éclat ?
BÉGEARSS
Un éclat!... non... mais le divorce accredité chez cette nation hasardeuse vous permettra d'user de ce moyen .
^î4 LA MERE COUPABLE.
LE COMTE
Moi, publier ma honte ! Quelques lâches l'ont fait : c'est le dernier degré de l'avilissement du siècle. Que l'opprobre soit le partage de qui donne un pareil scandale, et des fripons qui le provoquent !
BÉGEARSS
J'ai fait envers elle, envers vous, ce que l'honneur me prescrivoit. Je ne suis point pour les moyens violents, sur-tout quand il s'agit d'un fils...
LE COMTE
Dites d'un étranger^ dont je vais hâter le départ.
BÉGEARSS
K'oubliez pas cet insolent valet.
LE COMTE
J'en suis trop las pour le garder. Toi, cours . ami, chez mon notaire; retire, avec mon reçu que voilà , mes trois millions d'or déposés. Alors tu peux à juste titre être généreux au contrat qu'il nous faut brusquer aujourd'hui... car te voilà bien possesseur... (// lui remet le reçu, le prend sous le bras , et ils sortent. ) Et ce soir à minuit, sans bruit, dans la chapelle de madame.. ( On n'entend pas le reste. )
ri>- DU TROISIÈME ACTE.