ACTL IV, SCENE III
millions d'or spécifiés dans le bordereau ci-dessus. A Paris, le... Almaviva. — C'est bon ; je tiens la pupille et l'argent ! Mais ce n'est point assez ; cet Tiomrae est foible , il ne finira rien pour le reste de sa fortune. La comtesse lui impose ; il la craint , l'aime encore... Elle n'ira point au couvent, si je ne les mets aux piises, et ne le force à s'expliquer... brutalement. {Il se promène.') — Diable ! ne risquons pas ce soir un dénouement aussi scabreux : en précipitant trop les choses , on se précipite avec elles. Il sera temps demain, quand j'aurai bien serré le doux lien sacramentel qui va les enchaîner à moi. (// appuie ses deux mains sur sa poitrine.) Eh bien ! maudite joie, qui me gonfles le cœur, ne peux-tu donc te contenir ?... Elle m'étouffera, la fougueuse! ou me livrera comme un sot, si je ne la laisse un peu s'évaporer pendant que je suis seul ici. Sainte et douce crédulité ! l'époux te doit la magnifique dot : pâle déesse de la nuit, il te devra bientôt sa froide épouse. (^11 frotte ses mains de joie.) Bégearss ! heureux Bégearss!... Pourquoi l'appelez - vous liégearss ! N'est-il donc pas plus d'à moitié le seigneur comte Almaviva ? ( d'un ton terrible. ) Encore un pas , Bégearss ! et tu l'es tout-à-Fait. — Mais il te faut auparavant... Ce Figaro pèse sur ma poitrine ! car c'est lui qui l'a fait venir... Le
33o LA MERE COUPABLE,
moindre trouble me perdroit... Ce valet-là me portera malheur... C'est le plus clairvoyant coquin !... Allons, allons, qu'il parte avec son chevalier errant.