ACTE IV, SCKNE IV. SI
son fils, notre jeune pupille et moi, sur le grand objet que tu sais.
SUSANNE
Après la scène que j'ai vue, osez-vous encore l'espérer?
BÉGEA.RSS, bien fat. Oser l'espérer!... Non; mais seulement... je l'épouse ce soir.
susAWXE, vivemoit.
Malgré son amour pour Léon ?
DÉGEARSS.
Bonne femme ! qui me disois : Si vous faites cela , monsieur...
sus AS NE.
Eh ! qui eût pu l'imaginer ?
BÉGEAiiss, prenant son tabac en plusieurs
reprises.
Enfin, que dit-on? parle-t-on? Toi qui vis dans l'intérieur, qui as l'honneur des confidences , y pense-t-on du bien de moi ? car c'est là le point important.
s USASSE.
L'important seroit de savoir quel talisman vous employez pour dominer tous les esprits? Monsieur ne parle de vous qu'avec enthousiasme, ma maîtresse vous porte aux nues, son fils n'a d'espoir qu'en vous seul, notre pupille vous révère...
33î t.A MÈRE COUPABLE.
BÉGEAKSS , d'un ton bien fat ^ secouant le lubac de son jabot.
Et toi, Susanne, qu'en dis-tu?
s us ANNE.
Ma foi, monsieur, je vous admire. Au milieu du desordre affreux que vous entretenez ici, vous seul êtes calme et tranquille : il me semble entendre un génie qui fait tout mouvoir à son gré. BÉGEARSS, bien fat.
Mon enfant, rien n'est plus aisé. D'abord il n'est que deux pivots sur qui roule tout dans le monde, la morale et la politique. La morale, tant soit peu mesquine, consiste à ctre juste et vrai : elle est , dit-on, la clef de quelques vertus routinières.
Quant à la politique?...
BÉGEAivss, avec chaleur.
Ah ! c'est l'art de créer des faits , de dominer eu se jouant les événements et les hommes: l'intérêt est son but ; l'intrigue son moyen. Toujours sobre de vérités , ses vastes et riches conceptions sont un prisme qui éblouit. Aussi profonde que l'Etna, elle brûle et gronde long- temps avant d'éclater au-dehors ; mais alors rien ne lui résiste. Elle exige de hauts talents: le scrupule seul lui p(Mif nuire ; [en riant.) c'est le secret des négoriatenr».