ACTE I, SCENE I. ii
s us ANNE.
Si je n'en veux pas dire ?
FIGARO
Oh ! quand elles sont sûres de nous !
SUSANNE
Prouver que j'ai raison, seroit accorder que je puis avoir tort. Es-tu mon seiviteur ou non?
FIGARO
Tu prends de l'humeur contre la chambre du château la plus commode, et qui tient le milieu des deux appartements. La nuit, si madame est incommodée , elle sonnera de son coté; zeste, en deux pas tu es chez elle. Monseigneur veut-il quelque chose ? il n'a qu'à tinter du sien ; crac, en trois sauts , me voilà rendu.
SUSANNE
Fort Lien ! Mais quand il aura tinté le matin ^ pour te donner, quelque bonne et longue commission ; zeste , en deux pas , il est à ma porte , et crac, en trois sauts...
Qu'entendez-vous par ces paroles?
SUSANNE
Il faudroit m'écouter tranquillement.
FIGARO
Eh ! qu'est-ce qu'il y a ? bon Dieu !
lî LE MARIAGE DE FIGARO
s us ANNE.
Il y a, mon ami, que, las de courtiser les beautés des environs, monsieur le comte Almaviva veut rentrer au château, mais non pas chez sa femme ; c'est sur la tienne , entends-tu , qu'il a jeté ses vues, auxquelles il espère que ce logement ne nuira pas. Et c'est ce que le loyal Bazile, honnête agent de ses plaisirs et mon noble maître à chanter, me répète chaque jour en me donnant leçon.
FIGARO
lîazile ! ô mon mignon! si jamais volée de bois vert, appliquée sur une échine, a dûment redressé la moelle épinière à quelqu'un...
SUSANNE
Tu croyois , bon garçon ! que cette dot qu'on me donne étoit pour les beau.x yeux de ton mérite? FI G A no.
J'avois assez fait pour l'espérer.