ACTE II, SCENE XIX
su S AN N E.
Je suis sûre, moi, que le jour du départ seroit la veille des larmes.
LA COMTESSE
Eh ! quand cela seroit, Suson, j'aime mieux le regretter que d'avoir la bassesse de lui pardonner: il m'a trop offensée.
LE COMTE
Rosine !...
Je ne la suis plus cette Rosine que vous avez tant poursuivie. Je suis la pauvre comtesse Almaviva, la triste femme délaissée que vous n'aimez plus.
s us AN NE.
Madame !
LE COMTE, suppliant.
Par pitié !
LA COMTESSE
Vous n'en aviez aucune pour moi.
LE COMTE
Mais aussi ce billet... Il m'a tourné le sang.
LA COMTESSE
Je n'avois pas consenti qu'on l'écrivît,
LE COMTE
Vous le saviez?
LA COMTESSE
C'est cet étourdi de Figaro...
go LE MARTAGF DE FlGARa
LE COMTE
n en etoit ?
LA COMTESSE
...Qui l'a remis à Bazile.
Qui m'a dit le tenir d'un paysan. O perfidechanteur! lame à deux tranchants! c'est toi qui paieras pour tout le monde.
LA COMTESSE
Vous demandez pour vous un pardon que vous refusez aux autres : voilà bien les hommes. Ah! si jamais je consentois à pardonner en faveur de 1 erreur où vous a jeté ce billet, j'exigerois que r amnistie fût générale.
LE COMTE
Eh bien! de tout mon cœur, comtesse. Mais comment réparer une faute aussi humiliante? LA COMTESSE se lève.
Elle l'étoit pour tous deux.
LE COMTE
Ah! dites pour moi seul. — Mais je suis encore 3 concevoir comment les femmes prennent si vite et si juste l'air et le tondes circonstances. Vous rougissiez, vous pleuriez, votre visage étoit défait... D'honneur! il l'est encore.
LA COMTESSE, S efforçant de souvire .
Je rougissois... du ressentiment de vos soup-