‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 102 sur 319 · HORTENSE, LE MARQUIS, LE CHEVALIER, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

HORTENSE, LE MARQUIS, LE CHEVALIER, LA COMTESSE

LE MARQUIS

Si je lui offrois cent mille francs? Mais ils ne sont pas prêts; je ne les ai point.

Je vous les prêterai , moi ; je les ai à Paris. Rappelez-les; votre situation me fait de la peine.

LE MARQUIS

Madame, voulez-vous bien revenir? C'est que j'ai une proposition à vous faire, et qui est toutà- fait raisonnable.

i6o LE LEGS.

HORTENSE

Une proposition , monsieur le marquis ! Vous m'avez donc trompée? Votre amour n'est pas aussi vrai que vous me l'avez dit.

LE MARQUIS

Que diantre voulez -vous? On prétend aussi que vous ne m'aimez point, cela me chicane. Ainsi, tenez, accommodons-nous plutôt; Partageons le différent en deux : il y a deux cent mille francs sur le testament; prenez-en la moitié, quoique vous ne m'aimiez pas.

LE ciïE.\ ALiER, à Hortense, à part.

Je ne crains plus rien.

HORTENSE

Vous n'y pensez pas, monsieur? Cent mille francs ne peuvent entrer en comparaison avec l'avantage de vous épouser; et vous ne vous évaluez pas ce que vous valez.

LE MARQUIS

Ma foi, je ne les vaux pas , quand je suis de mauvaise humeur; et je vous annonce que j'y serai toujours.

HORTENSE

Ma douceur naturelle me rassure.

LE MARQUIS

Vous ne voulez donc pas? Allons notre chemin, vous serez mariée.

Page 1