SCÈNE V
MARTHON, DORANTE.
M ART H ON
En vérité, tout ceci a l'air d'un songe. Comme M. Rémi expédie ! Votre amour me paroît bien prompt : sera-t-il aussi durable ?
DORANTE
Autant l'un que l'autre , mademoiselle.
MARTHON.
Il s'est trop hâté de partir. J'entends madame qui vient, et comme, grâce aux arrangements de M. Rémi, vos intérêts sont presque les miens, ayez la bonté d'aller un moment sur la terrasse, afin que je la prévienne.
DORANTE
Volontiers, mademoiselle.
MARTHON, en le voyant sortir.
J'admire ce penchant dont on se prend tout d'un coup l'un pour l'autre.
ARAMINTE, MARTHON.
ARA M IN TE
Marthon, quel est donc cet homme qui vient de me saluer si gracieusement, et qui passe sur la terrasse ? Est-ce vous à qui il en veut ?
MARTHON,
Non, madame; c'est à vous-même.
ARAMINTE, d'un air assez vif. Eh bien ! qu'on le fasse venir : pourquoi s'en va-t-il?
MARTHON.
C'est qu'il a souhaité que je vous parlasse auparavant. C'est le neveu de M. Rémi, celui qu'il vous a proposé pour homme d'affaires.
ARAMINTE
Ah ! c'est là lui? 11 a vraiment très bonne façon.
MARTHON.
Il est généralement estimé ; je le sais.
ARAMINTE
Je n'ai pas de peine à le croire : il a tout l'air de le mériter. Mais, Marthon, il a si bonne mine pour un intendant, que je me fais quelque scrupule de le prendre. N'en dira-t-on rien?