‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 125 sur 319 · ACTE I, SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE Vil

ARAMINTE

Cest-à-dire que vous êtes un homme de très bonne famille , et même au-dessus du parti que vous prenez ?

DORANTE

Je ne sens rien qui m'humilie dans^le parti que je prends, madame; l'honneur de servir une dame comme vous n'est au-dessous de qui que ce soit , et je n'envierai la condition de personne.

Mes façons ne vous feront point changer dç__;^ sentiment. Vous trouverez ici tous les égaras '^ que vous méritez; et si , dans la suite, il y avoit occasion de vous rendre service, je ne la manquerai point.

MARTHON.

Voilà madame ; je la reconnois.

ARAMINTE

Il est vrai, je suis toujours fâchée de voir d'honnêtes gens sans fortune , tandis qu'une infinité de gens de rien et sans njérite en ont une éclatante : c'est une chose qui me blesse, surtout dans les personnes de son âge ; car vous n'avez que trente ans tout au plus?

DORANTE

Pas tout-à-fait encore, madame.

ARAMINTE

Ce qu'il y a de con'solaxit pour vous, c'est que vous avez le temps de devenir heureux.

DORANTE

Je commence à l'être aujourd'hui, madame.

ARAMINTE

On vous montrera l'appartement que je vous destine ; s'il ne vous convient pas, il y en a d'autres, et vous choisirez. Il faut aussi quelqu'un qui vous serve, et c'est à quoi je vais pourvoir. Qui lui dunnerons-nous , Marthon ?

MARTHON.

Il n'y a qu'à prendre Lubin, madame. Je le vois à l'entrée de la salle, et je vais l'appeler. Lubin, parlez à madame.

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