‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 132 sur 319 · ARAMINTE, DORANTE · texte numérisé non relu

ARAMINTE, DORANTE

ARAMINTE

Vous avez donc vu ma mère ?

DORAKTE.

Oui, madame, il n'y a qu'un moment.

Elle me l'a dit, et voudroit bien que j'en eusse pris un autre que vous.

DOPANTE. ' ^

Il me l'a paru.

ARAMINTE

Oui ; mais ne vous embarrassez point, vous me convenez.

DORANTE

Je n'ai point d'autre ambition.

ARAMINTE

Parlons de ce que j'ai à vous dire; mais que • eci soit secret entre nous, je vous prie.

DORANTE

Je me trahirois plutôt moi-même.

AHA.MINTE.

Je n'hésite point non plus à vous donner ma confiance. Voici ce que c'est: on me veut marier avec monsieur le comte Dorimont, pour éviter un grand procès que nous aurions ensemble au sujet d'une terre que je possède.

DORA.NTE.

Je le sais, ms^dame, et j'ai eu le malheur d'avoir déplu tout - à - l'heure là - dessus à madame Argante.

ARAMÏ NTE.

Eh ! d'où vient ?

DORANTE

C'est que, si dans votre procès vous avez le bon droit de votre côté, on souhaite que je vous dise le contraire, afin de vous engager plus vite à ce mariage; et j'ai prié qu'on m'en dispensât.

ARAMINTE

Que ma mère est frivole ! Votre fidélité ne me surprend point; j'y comptois. Faites toujours de même, et ne vous choquez point de ce que ma mère vous a dit; je la désapprouve. A-t-elle tenu quelque discours désagréable ?

DORANT E

Il n'importe , madame ; mon zèle et mon attaicheraent en augmentent, voilà tout.

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