ACtE lî, SCÈNE X
DFBOIS.
Comme je te bâtonnerois, sans le respect de madame !
LUBIN
Arrive , arrive , la voilà madame.
ARAMINTE
Quel sujet avez-vous donc de quereller? De quoi s'agit-il?
M">« ARGANTE
Approchez, Dubois. Apprenez -nous ce que c'est que ce mot que vous diriez contre Dorante; il seroit bon de savoir ce que c'est.
LUBIN
Prononce donc ce mot.
ARAMINTE
Tais-toi, laisse-le parler.
DUBOIS
Il y a une heure qu'il me dit mille invectives , madame.
LTTBIN.
Je soutiens les intérêts de mon maître, je tire des liages pour cela , et je ne souffrirai pas qu'un ostrogoth menace mon maître d'un mot; j'en demande justice à madame.
M™« ARGANTE
Mais, encore une fois, sachons ce que veut dire Dubois par ce mot : c'est le plus pressé.
î5o LES FAUSSES CONFIDENCES.
LUBIÎJ.
Je lui défie d'en dire seulement une lettre.
DUBOIS
C'est par pure colère que j'ai fait cette menace, madame, et voici la cause de la dispute. En arrangeant l'appartement de monsieur Dorante, j'y ai vu par hasard uii tableau où madame est peinte, et j'ai cru qu'il falîoit l'ôter, qu'il n'avoit que faire là , qu'il n'étoit point décent qu'il y restât; de sorte que j'ai été pour le détacher: ce butor est venu pour m'en empêcher, et peu s'en est fallu que nous ne nous soyons battus. LU c 1 w .
Sans doute: de quoi t'avises-tu d'ôter ce tableau qui est tout-à-fait gracieux, que mon maître considéroit, il n'y avoit qu'un moment, avec toute la satisfaction possible? Car je l'avois vu qu'il l'avoit contemplé de tout son cœur. Et il prend fantaisie à ce brutal de le priver d'une peinture qui réjouit cet honnête homme. Voyez la malice ! Ote-lui quelque autre meuble, s'il en a trop ; mais laisse-lui cette pièce, animal.
DUBOIS
Et moi, je te dis qu'on ne la laissera point, que je la détacherai moi-même, que tu en auras le démenti, et que madame le voudra aiqsi.