ACTE 1, SCENE IL
Il n'y a que le meilleur de tous les hommes qui puisse dire cela.
M. ORGON
Explique-toi , ma fille.
SILVIA
Dorante arrive ici aujourd'hui ; si je pouvois le voir, l'examiner un peu sans qu'il me connût? Lisette a de l'esprit ^monsieur ; elle pourroit prendre ma place pour un peu de temps, et je prendrois la sienpe.
M. ORGON, h part.
Son idée est plaisante. ( haut. ) Laisse - moi rêver un peu à ce que tu me dis là. (apart.^ Si je la laisse faire , il doit arriver quelque chose de bien singulier; elle nes'yaltendpas elle-même.(/iaut.) Soit, ma fille, je te permets le déguisement. Estu bien sûr de soutenir le tien , Lisette ?
LISETTE
Moi, monsieur? Vous savez qui je suis; essayez; de m'en conter, et manquez de respect, si vous l'osez, à cette contenance-ci : voilà un échantillon des bons airs avec lesquels je vous attends. Qu'en dites-vous? Hem! retrouvez-vous Lisette?
M. ORGON
Comment donc ! je m'y trompe actuellement
3x6 LE JEU DE L'AMOUR ET DU HASARD, moi-même. Mais il n'y a point de temps à perdre ; va l'ajuster suivant ton rôle. Dorante peut nous surprendre; hâtez-vous, et qu'on donne le mot à toute la maison.
SI L VI A
11 ne me faut presque qu'un tablier.
LISETTE
Et moi, jevais àmatoilette : venez m'y coiffer, Lisette, pour vous aocoutum«r à vos fonctions. Un peu d'attention à votre service , s'il vous plaît.
Vous serez contente, marquise; marchons.