ACTE 11, SCÈNE III
tabi r au plus vite 5 ayez soin de lui, puisque vous êtes sa mère.
LISETTE
Trouvez-vous qu'on le maltraite ? est-il si abandonné ?
PASQriN.
En attendant qu'il soit pourvu, donnez -lui seulement votre belle main blanche pour l'amuser un peu.
LISETTE
Tenez donc , petit importun , puisqu'on ne sauroit avoir la paix qu'en vous amusant, p A s Q u I N , lui baisant la main.
Cher joujou de mon ame ! cela me réjouit comme du vin délicieux. Quel dommage de n'en avoir que roquille !
LISETTE
Allons, arrêtez-vous; vous êtes trop avide.
PASQCIN.
Je ne demande qu'à me soutenir en attendant que je vive.
LISETTE
Ne faut-il pas avoir de la raison?
PASQriN.
De la raison ? Hélas ! je l'ai perdue : vos beaux yeux sont les filoux qui me l'ont volée.
>o6 LE JKU DE L'AMOUR ET DU HASARD.
LISETTE
Mais est-il possible que vous m'aimiez tant? je ne saurois me le persuader.
PASQUIN
Je ne me soucie pas de ce qui est possible, moi; mais je vous aime comme un perdu, et vous verrez bien dans votre miroir que cela est juste.
LISETTE
Mon miroir ne serviroit qu'à me rendre plus incrédule.
l'ASQUIlS.
Ah ! mignonne adorable, votre humilité ne seroit donc qu'une hypocrite !
LISETTE
Quelqu'un vient à nous: c'est votre valet.